Le château de la Chesnaie
1, avenue Voltaire



Reconstruit (ou rénové) entre 1749 et 1769, il était connu comme le château du fief de Meaux, un des domaines les plus prestigieux d’Eaubonne, plus imposant encore que celui du seigneur du village, Joseph-Florent Le Normand de Mézières, ce qui irritait profondément ce dernier.



Ce domaine a notamment appartenu aux personnages suivants :
- Augustin de Thou († 1554), président au Parlement de Paris.
- François-Marie Perrot (1644-1691), gouverneur de Montréal et des îles et côtes d’Acadie, qui a donné son nom à l’Île-Perrot, au Québec.
- En 1700, sa fille Madeleine épouse Louis Lubert de Chanteraine, président de la 3e chambre des enquêtes au Parlement mais aussi violoniste : il participe à la fondation, en 1722, de l’Académie des Mélophilètes, l’un des premiers orchestres amateurs du Siècle des Lumières. Auteur de contes merveilleux, leur fille Marie-Madeleine de Lubert (1702-1785) est une correspondante de Voltaire, qui l’appelle volontiers « Muse et Grâce ».
- Claude Martin Goupy (vers 1720-1793), entrepreneur, architecte et promoteur parisien, et son fils, Guillaume Louis Isidore Goupy (1760-1818), régent de la Banque de France en 1814 et député de la Seine en 1817.
- Le maréchal Guillaume Dode de la Brunerie (1775-1851), directeur de la construction de l’enceinte de Thiers et de la première ceinture de forts autour de Paris, entre 1840 et 1845.
- Le banquier Félix Dehaynin († 1898) et son épouse qui, en 1878, offre à l’église Sainte-Marie une verrière illustrant Les Noces de Cana, la Crucifixion et la Descente de Croix. Leurs héritiers vendent le domaine à la société immobilière Bernheim-frères, qui le lotit en 1903 sous le nom de parc de la Grille dorée.
- Charles Petit-Midy, qui possède déjà, à proximité, le château de la Croix-Sanson, acquiert le château et ses abords immédiats. La propriété, qu’il nomme dès lors La Chesnaie, passe ensuite à sa nièce Valentine et à son mari Jacques Dupont, inspecteur général des Monuments Historiques et président de la Société des Amis du Louvre. Ce dernier obtient l'inscription du château à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, puis le classement des façades, toitures et décors intérieurs au titre des Monuments historiques en 1979.

En 1995, leurs descendants cèdent à la ville le potager d'un hectare et demi, avant de vendre le château un an plus tard.



Mme et M. Soavina, propriétaires actuels de la demeure, en ont fait un lieu de réception de grande classe et accueillent les visiteurs sur rendez-vous ou à l’occasion de journées « portes ouvertes ».

C’est dans le parc de cette propriété que s’est installée, de 1757 à 1762, la comtesse d’Houdetot, que Jean-Jacques Rousseau nomme dans ses Confessions « l’unique amour de ma vie ». Elle habitait la maison de jardinier implantée dans ce qui, autrefois, s’appelait le fief Spifame. Elle a reçu à plusieurs reprises, au printemps 1757, le philosophe genevois, qui demeurait depuis un an à l’Ermitage, à Montmorency. Elle avait accès à un jardin qui donnait sur le ru. C’est au bord d’une cascade aménagée sur ce ruisseau que s’est déroulée en juin 1757, la fameuse scène dite « de l’acacia », que Rousseau décrit dans ses Confessions (Livre X). Cette cascade existe encore, dans la propriété d’un des riverains, dans l’actuelle avenue Jean-Jacques Rousseau.