Le château des Cèdres/château Lombard
29, Avenue de Paris



Le désir de retour à des périodes antérieures a engendré le style Troubadour. Il s’agit d’un mouvement artistique tendant à reconstituer par les différents arts, une atmosphère idéalisée du Moyen-Âge et de la Renaissance. Il peut apparaître comme une réaction au mouvement néoclassique qui se termine avec le Consulat. Il est mis à la mode au XlXe siècle par Alexandre Dumas, qui se ruine pour élever un château où se mêlent tous les styles, du néogothique au baroque. Cette mode est typique d’une époque où, suivant l'exemple des « fabriques » de jardin de la fin du XVIIIe siècle, quelques maisons sont bâties en dur comme un décor de théâtre romantique.

Le château, dit des Cèdres, ou Lombard, édifié sous la Restauration, est un exemple type de ce style troubadour, qui se caractérise par un emploi abondant des stucs. Il est, à la fin du XIXe siècle, la propriété de l’architecte Harret. Le parc est agrémenté d’une pièce d’eau qui sera comblée pour être transformée en jardin. Le domaine est loti en 1911 sous forme de tombola. Le château héberge en 1914 le quartier général du 45e régiment d’artillerie.

Si le plan reste traditionnel – un corps de bâtiment flanqué de deux ailes en saillie – les fenêtres principales présentent un décor gothique tandis que les mansardes du toit sont ornées de linteaux baroques. La balustrade surmontant l'avancée des portes fenêtres à pans coupés présente des exemples de fenestrages découpés à orbe-voie simulant des ouvertures, tandis que tout au long de la façade courent des frises sculptées. La petite pièce d’eau qui agrémentait le parc a été comblée pour être transformée en massif. Le château, propriété du Conseil Général du Val d’Oise, abrite aujourd’hui un centre départemental de dépistage.

Il est à noter que le style Troubadour également représenté à Eaubonne par la tour de style médiéval implantée avenue Madame d’Houdetot.



On trouve de nombreux bâtiments qui s’inspirent de cette mode architecturale en Vallée de Montmorency : à Enghien, Deuil et Montmorency notamment (cf. Hervé Collet, Les trésors de la Vallée de Montmorency, 2013, pp. 56 à 60)