Enigme n° 8 – Il n’a pas tiré à blanc...


Un ancien maire d’Eaubonne s’est suicidé en 1907. Qui et comment ?

Réponse courte : Il s’agit de Jean-Pierre BLANC, maire de 1904 à 1905. Souffrant d’une grave maladie, il se tire une balle dans la bouche avec son fusil de chasse un jour d’août 1907...

Réponse détaillée : Jean-Pierre BLANC était un tailleur de pierres. Né à Mazan dans la Vaucluse le 15 février 1832, les hasards de ses déplacements l’ont fait rencontrer une jeune Eaubonnaise en 1857, Élise Piedrequin, fille d’une famille originaire de Belloy-en-France, installée à Eaubonne depuis 1825.

Élise n’est pas encore majeure, mais ils se marient néanmoins à Eaubonne le 19 juin 1858 ; Elle a 17 ans, lui 25. Ils auront 5 enfants, tous nés à Eaubonne entre 1861 et 1877.

Fin 1903, à l’âge de 62 ans Jean-Pierre se retrouve veuf. Depuis le décès de son épouse il habite avec son fils aîné, Henri, blanchisseur installé rue d’Enghien.

Déjà conseiller municipal en 1878 (mandature Hennocque) et en 1884, (mandature Carle - mais il démissionne le 20 avril 1886), Jean-Pierre est élu maire par le Conseil Municipal d’Eaubonne en 1904, à l'âge de 72 ans. Il démissionne de son mandat en 1905, mais reste Conseiller Municipal sous le second mandat de Jules Huyot.

Atteint d'un cancer incurable depuis le début de l'année 1907, il se suicide à son domicile eaubonnais le 26 août 1907. Selon le journal « Le Temps » du 27 août sous le titre "SUICIDE D’UN CONSEILLER MUNICIPAL » : « M. Pierre Blanc s’enferma dans sa chambre à coucher, plaça le canon de son fusil au-dessous de son menton et fit partir le coup avec son pied. La charge, faisant balle, lui fit une effroyable blessure au coté gauche de la tête. » « Un ancien maire d’Eaubonne (Seine-et-Oise), resté conseiller municipal de cette ville, M. Pierre Blanc, souffrait depuis plusieurs mois d’un cancer à l’estomac. Les médecins ne lui avaient plus laissé d’espoir. On savait, dans son entourage, que sa mort n’était plus qu’une affaire de quelques jours.

Le malheureux n’a pas eu le courage de supporter ses terribles souffrances durant ces quelques jours. Vendredi soir, profitant d’une courte absence des siens, qui le surveillaient et craignaient un acte de désespoir, M. Pierre Blanc s’enferma dans sa chambre à coucher, plaça le canon de son fusil au-dessous de son menton et fit partir le coup avec son pied. La charge, faisant balle, lui fit une effroyable blessure au coté gauche de la tête. » Appelé à son chevet, le docteur Jean-Baptiste Margery n’a pu que constater le décès.



- Paul MORSE, juillet 2017


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