Aux alentours du Clos de l’Olive


Le château du Clos de l’Olive

Son nom lui vient d’Henri de l’Olive, marchand et bourgeois de Paris, qui rend hommage pour ce fief en 1429 au seigneur de Montmorency. Il est tenu par la famille Le Bossu, qui possède aussi le fief de Maugarny, sur Margency, entre le milieu du XVe siècle et 1538. À cette date, il passe à la famille Le Fèvre, qui le rattache au fief de la Cour-Charles pour en faire « la seigneurie d’Eaubonne ».

L’actuel château aurait été édifié, ou plutôt reconstruit, entre 1780 et 1784, par Jean Simon Gallien, bourgeois de Paris, orfèvre de la Reine.

Le fief de l’Olive devient le Clos de l’Olive à la Révolution. Le banquier Jean-Charles Davillier (1758-1846) s’en porte acquéreur avant d’être élu régent de la Banque de France en 1801 et fait baron d’Empire en 1810. Sous la Restauration, il rachète la filature de Gisors, participe à la fondation de la Caisse d’épargne et des assurances La Royale et s’associe aux Rothschild dans diverses affaires. Nommé pair de France en 1831, il est brièvement gouverneur de la Banque de France en 1836.

Son siège de régent revient à son gendre Alexandre Sanson (1792-1863), époux de sa fille Clémentine († 1895), puis à son beau-frère Henry Davillier (1813-1882). Celui-ci, propriétaire du château du Bon-Accueil à Eaubonne, est un des fondateurs du Crédit Foncier et de la Société générale. Vers la fin de sa vie, il est aussi le président des assurances la Nationale (anciennes assurances La Royale), des Chemins de fer de l’Est et de la Caisse d’épargne.

La petite-fille d’Alexandre et Clémentine, Madeleine Élise Hartmann, hérite du Clos de l’Olive avec son mari, le banquier suisse Frédéric Adolphe Marcuard († 1909). Pour recevoir leurs nombreux amis, ils l’agrandissent en l’augmentant du terrain où s’élevait la maison jadis occupée par Mme d’Houdetot, démolie vers 1867.

Racheté par la Mairie, et restauré, le château du Clos de l’Olive devient en 1975 la Maison des Arts. Il abrite aujourd’hui le Conservatoire de musique à rayonnement communal.

L’orangerie du Clos de l’Olive

Ce bâtiment a connu son heure de gloire au temps de Jules Marcuard, ancien maire d’Eaubonne, qui accueillait dans son château du Clos de l’Olive de nombreuses personnalités parisiennes. Parmi celles-ci a figuré Félix Jobbé-Duval, illustre peintre et dessinateur de presse, qui s’est installé dans cette orangerie pour en faire son atelier (cf. ci-après). Cette bâtisse, propriété de la ville d’Eaubonne, est en attente de restauration et d’affectation.


Le peintre Jobbé-Duval

Félix Pol Joseph Jobbé-Duval, né à Rennes le 26 mars 1879 et mort à Eaubonne le 30 juin 1961, appartient à une célèbre famille d'illustrateurs et de peintres. Créateur de nombreuses affiches publicitaires, il illustre des d’ouvrages d'édition. On lui doit notamment 16 planches illustrant L'Histoire de Bretagne de Toutouig d'Herri Caouissin, parue en 1944. Il collabore avec Casterman pour la Comtesse de Ségur, pour l'illustré Fillette et avec les éditions Paul Duval.
Ses œuvres :
- 1902 : dessins humoristiques dans le journal Frou-Frou numéro 93.
- 1904 : il illustre (avec Raymond de La Nézière) Rabelais en français moderne à la Libraire universelle, en 6 volumes et 133 dessins.
- 1907 : il travaille pour L'American illustré, Le Sourire (jusqu'en 1912), L'Indiscret, Fantasio (jusqu'en 1915), Mon Journal (jusqu'en 1924), dans lequel il débute sa carrière d'illustrateur de journaux pour enfants.
- 1908 à 1917 : Le Rire.
- 1909 à 1915 : Le Charivari.
À partir de 1922-1923, il participe à l'illustration de la page de couverture de revues féminines : Les Dimanches de la femme.
Il illustre, pour Fernand Nathan, quatre ouvrages de Charles Quinel et Adhémar de Montgon, Le Beau d'Artagnan et son époque (1930), Dunois et les compagnons de Jeanne d'Arc (1931), Monsieur de Lauzun et la Grande Mademoiselle et Cagliostro l'enchanteur (1932).

La maison de Sylvestre de Sacy

Ce pavillon à deux étages fait partie d’un ensemble de trois maisons construites pendant la Révolution dans l’ancien petit fief Raoul Joye, rattaché au fief de l’Olive, sur un terrain vendu par Joseph Le Normand de Mézières, seigneur d’Eaubonne. Ces maisons ont été recouvertes d’un enduit qui ne laisse pas deviner leur ancienneté, mais elles subsistent solidement, deux cents vingt ans après leur édification.
La maison construite par André Morisset, maître maçon, sur un terrain acquis en 1791, à vingt mètres de l’ancien cimetière qui entourait l’église Sainte-Marie, est achetée en 1847 par Samuel Ustazade Silvestre de Sacy (né en 1801), sixième enfant du célèbre orientaliste Antoine Isaac Silvestre de Sacy (1758-1838). Ce journaliste de talent, après avoir été pendant vingt ans rédacteur au Journal des Débats, où il s'occupait de critique littéraire, est nommé en 1836 conservateur de la Bibliothèque Mazarine de l’Institut de France, dont il devient même l’administrateur en 1848, année où il s’installe à Eaubonne pendant la belle saison (il y restera jusqu’à sa mort). Il est nommé membre de l’Académie Française le 18 mai 1854, en remplacement d’Antoine Jay. À partir de 1860, il fait partie des familiers de la princesse Mathilde qui, selon Mme Thomas, viendra le voir à sa maison d’Eaubonne. En 1865, suprême honneur, il est nommé sénateur du Second Empire et fait commandeur de la légion d’honneur. Décédé le 14 février 1879 dans son appartement de l’Institut de France, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Cette maison était peut-être reliée par un souterrain au fief Spifame, rattaché en 1757 au fief de Meaux (où Madame d’Houdetot a vécu pendant six ans, cf. ci-après) : un début d’excavation est encore observable dans la cave de l’immeuble et un léger effondrement du trottoir qui borde la rue donne corps à cette hypothèse.

L’ancienne « Petite maison » de Madame d’Houdetot

Cette « Petite maison » était située au bord de l’ancienne route royale qui reliait Saint-Denis à Auvers (aujourd’hui rue Gabriel Péri, au croisement avec la rue Cristino-Garcia). Il s’agissait du manoir (ou de la ferme) du fief Spifame, enclavé dans l’enceinte du Château de Meaux, aujourd’hui de la Chesnaie. Madame d’Epinay loue, dans la semaine du 14 au 21 avril 1757, ce qui est devenu la maison du jardinier, pour sa belle-sœur, Madame d’Houdetot. Celle-ci s’y installe début mai 1757. Elle y demeurera, à la belle saison, jusqu’en 1762, date à laquelle elle emménagera, avec son mari, à Sannois. Une description de cette habitation et du jardin attenant nous est donnée par Auguste Rey, dans un article de 1902 « Jean-Jacques Rousseau dans la Vallée de Montmorency » :

« Un de nos amis, habile architecte, M. Julien Ponsin, a jadis souvent visité cette demeure, démolie aujourd'hui. Nous l'avons interrogé à ce propos : « La maison de madame d'Houdetot, nous a-t-il répondu, n'était vraiment pas belle, sauf le salon qui était passable. L'escalier était un casse-cou, et les chambres toutes petites. Elle fut démolie en 1867. Elle était située à Eaubonne, dans la rue de Paris, juste en face de la rue de la Mairie. Les fondations existent encore. L'entrée de grille a disparu en 1896 ».

La comtesse avait la jouissance d'une partie du parc, environ mille mètres carrés. Ce parc, où l'on peut voir encore des traces de charmilles, et quelques arbres du temps, faisait partie du domaine de Meaux, dont le propriétaire était alors Georges Forquenot de la Fortelle, écuyer, valet de chambre du roi (en réalité, Jean-Pierre Tricher).

C’est dans cette « Petite maison » que Jean-Jacques Rousseau vient voir Madame d’Houdetot durant sa folle passion pour ce qu’il appelera dans ses Confessions (livre X) « L’unique amour de maa vie ». Il y couche plusieurs fois, aux mois de mai et de juin 1757. La célèbre scène de l’acacia (vers le 5 juin), se déroule au bord du ru, au fond du jardin de l’ancienne propriété du château de Meaux (actuelle avenue Jean-Jacques Rousseau).